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GoodGold a produit une créature

Au commencement, dit-on, le Verbe a semé les premières étincelles. Puis, après la tempête cosmique du Big Bang, une petite sphère bleue a flotté dans le silence sidéral, jardin suspendu où la vie s’est mise à chanter sous mille formes. Mais sur cette terre de merveilles, les humains ont cherché plus que des paysages et des saisons: ils ont voulu comprendre le fil invisible des événements.

Dans la tradition yoruba, cette quête passe par la divination Ifá. Le Babalawo, prêtre-devin, ne répond jamais au hasard. Il doit d’abord identifier l’odu, signe qui gouverne une situation. Le système repose sur une logique binaire: chaque odu est formé de huit séries de traits, composées d’un ou deux traits. Comme les lettres d’un mot, leur ordre compte. Avec deux possibilités par série, on obtient 256 combinaisons possibles, chacune reliée à des ese, vers traditionnels issus de siècles d’observation et de mythologie. Ces récits servent de boussole pour interpréter le destin.

Pour découvrir l’odu, le Babalawo utilise l’opon Ifá, planche divinatoire, et seize noix de palme ou de kola. Le tirage révèle la configuration des traits, et donc le signe. Une fois l’odu identifié, il faut encore déterminer s’il vient avec Ire, la chance, ou avec Ibi, les obstacles. Cette nuance guide les conseils: offrandes à réaliser, attitudes à changer, pratiques spirituelles à suivre.

Ainsi, il ne promet pas un futur figé. Il propose une navigation. Entre les déluges de l’existence, les odus sont des étoiles anciennes, et le Babalawo, un lecteur de constellations humaines, aidant chacun à trouver un cap plus serein sur l’océan du monde.

Antoine Bertheloult se prétend inventeur de toutes les potions qui permettront de sauver le monde. Il a contribué à la création d'Ariana Chrono, ce dont il tire une immense vanité.

Antoine Bertheloult provoque des agacements chez GoodGold.

La vérité est un concept difficile à maîtriser. GoodGold diffuse les divagations d'Ariana. Cela fait partie du contrat.

GoodGold a ses appartements dans le palais où il dispose d’une vaste superficie composée de cryptes, de chapelles et d’autres endroits plus secrets dont il est le seul à détenir les clés. Il sort rarement. Dans la rue il y a toutes ces femmes qui montrent leurs jambes. Ce déploiement de chair l’épouvante, il détourne les yeux. Elles affirment une liberté dont il est exclu. Il a fait de la contrition des nonnes son pain quotidien. Il prétend savoir ce qui se cache sous leurs robes. Pourquoi les pensées grivoises qui envahissent son esprit seraient-elles si éloignées de celles de ces religieuses? La longueur de ces robes interminables peut bien être un rempart pour se dissimuler et faire obstacle au désir des hommes, mais il sait que c’est aussi un obstacle qu’elles dressent à leurs propres désirs. Avec elles il ne faut pas se faire de souci. Tous ces tissus cachent un petit volcan qui ne demande qu’à entrer en éruption et les foulards qui dissimulent ces têtes affirment la solidité d’une résolution dont il connaît la fragilité.

Tatiana est libre de cette ambiguïté. Elle est une valeur sûre selon les standards de GoodGold.