Je sais qu'elle fait entrer des garçons dans sa chambre.
Je me souviens de son arrivée au service de réanimation quand il a été transféré depuis le service des urgences. Je ne m’attendais vraiment pas à le voir débarquer dans mon service.
Cela a fait revenir le souvenir de notre dernière rencontre. Je me souviens parfaitement de son discours par lequel il me confirmait sa détermination à ne pas fonder une famille.
On peut dire que nous nous étions quittés dans de très mauvais termes. Je l’ai retrouvé dans un état tel que cela pouvait permettre de supposer qu’il allait terminer ses jours à l’état de légume. Rien à voir avec le motard arrogant et large d’épaules qui m’avait séduit.
Mon service de réanimation a bien rempli son rôle et il est progressivement revenu à un état conscient. On ne peut pas dire que son retour à un état de conscience a déclenché la moindre effusion.
Il a eu la chance d’être soigné par AntoineBertheloult. Antoine fait un travail magnifique. Après son passage j’ai retrouvé IsaacMax dans la position assise. Il jubilait et il m’a même adressé la parole pour me faire part de son soulagement et de sa gratitude envers AntoineBerthelot.
Nous avons eu une discussion avec Antoine. Je ne sais pas trop comment il l’a appris mais il m’a dit qu’il sait qu’Isaac et moi avons eu ce qu’il a qualifié de « relation de couple ». Je lui ai précisé que je n’avais jamais été en couple avec Isaac, mais cela ne lui importait pas vraiment. Il m’a expliqué que ce serait une bonne chose si je pouvais garder Isaac Max chez moi et qu’il était prêt à aménager mes horaires pour que cela soit possible. Au risque de passer pour un monstre je ne pouvais pas refuser.
Je suis parvenue dans le salon et je constate l’étendue des dégâts. Habituellement j’ai un surmoi puissant qui m’évite de partir à la dérive. La soirée d’hier témoigne des effets catastrophiques qui peuvent se produire si j’abandonne le contrôle. Mon salon semble avoir subi un tsunami. Il y a des bouteilles qui traînent sur le sol, des assiettes dont le contenu s’est répandu sur le sol parmi les mégots de différentes substances. Et puis il y a ces ronflements qui émanent de personnes des deux sexes, des corps plus ou moins vêtus et dans des positions qui marquent un total abandon.
Le fauteuil roulant est au milieu de la pièce. D’après la position qu’il occupe, il semble avoir dévalé l’escalier avant de se renverser son contenu sur le sol.
Je me souviens que Serge, ce minable, était présent.
Lily Bros
Je commence à émerger vers quatre ou cinq heures du matin avec un horrible mal de tête. Quelque chose ne va pas. J'ai un goût amer dans la bouche et puis je ne reconnais pas ma chemise de nuit. Habituellement je dors nue. S'il fait trop froid je porte une chemise de nuit rose, quelque chose de très simple, rien à voir avec cette horrible couleur rouge ni avec ces échancrures. Je ne vais pas pouvoir me rendormir. Il m'arrive d'être insomniaque mais en général je parviens toujours à me rendormir. Pas ce matin. Je sens confusément que des événements tragiques se sont produits dans la nuit. Je reste étendue à guetter les bruits de la maison mais tout est calme. Je respire doucement et j'essaye de me rappeler ce qui a bien pu se produire la veille. J'ai beaucoup bu c'est certain, et puis j'ai pris ces petites pilules ...
Fabienne et Chloe