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Jules a fait la connaissance de nombreux suspects. Il a acquis quelques certitudes. Élise lui semble particulièrement redoutable. En ce qui concerne Milton il n'est pas surpris: c'est un tueur.
Inconscient des multiples manipulations dont il est l'objet, Jules abandonne pour un instant la contemplation de son image diffusée par le PetitFaitout. Il est cet être unique, ce coeur de cible dont les yeux grands ouverts suivent un parcours obligé, ce chemin d'une mouche aveugle venue se perdre dans la gigantesque toile. Quand il s'interroge sur le sens de son parcours, il n'est pas ce surfeur qui se joue des vagues et de la pesanteur, mais plutôt un nageur submergé par une masse d'informations contradictoires. Il ne surfe pas, il barbote et il risque d’être submergé, noyé sous un flot énorme de réponses, il n'est rien d'autre qu'un insecte prisonnier d'une gigantesque toile. Le temps où il maîtrisait la machine est un temps révolu, il n'a plus la connaissance qui lui permettait de la maîtriser, c'est devenu trop compliqué et il a facilement renoncé. En fait on ne lui a rien demandé, on ne lui demande rien d'autre que d'être docile. Il n'est plus nécessaire de comprendre.
Jules est entouré d'une population de monstres sanguinaires dont les activités peuvent être nuisibles à leur entourage. Jules est déterminé à démasquer les coupables. Il a envisagé de les faire croupir en prison. Au bout du compte il est persuadé aujourd'hui de l'inutilité d'une sanction couteuse pour la société, d'autant qu'il a constaté que dans les affaires soumises à sa sagacité les bourreaux deviennent assez rapidement des victimes.